Perche du Nil

Lates niloticus

    • Lac Victoria
      Filet maillant, Lignes traînantes

    Biologie

    La perche du Nil est un poisson d’eau douce qui évoluait originellement dans le Nil. Aujourd’hui, on trouve cette espèce dans tous les lacs et rivières d’Afrique. La perche du Nil est une espèce extrêmement invasive, avec une croissance très rapide et une maturité précoce (3 à 4 ans). Cette perche mesure en général 60 cm pour un poids de 200 kg, mais elle peut atteindre 2 m. La perche du Nil est un prédateur vorace qui se nourrit en consommant une grande quantité d’autres poissons.

    Situation des stocks

    À la fin des années 50, les deux espèces de tilapias du lac Victoria étaient en situation de surpêche. L’administration coloniale de l’époque a notamment décidé d’introduire des perches du Nil dans le lac. L’espèce a semblé très bien s’adapter et elle s’est mise à prospérer. La pêche à la perche du Nil est désormais une source de revenus importante pour les pays riverains du lac Victoria (Kenya, Tanzanie et Ouganda). La population de perches du Nil est soumise à une pression de pêche excessive et le nombre d’individus est en sévère recul. Des pêcheries durables n’ont pas encore été développées.

    Conséquences écologiques

    L’utilisation de filets fixes et filets maillants limite les prises accessoires et minimise l’impact sur le fond. La pêche à l’aide de lignes de traîne (trolling et longlines ou palangres) génère de très nombreuses prises accessoires de diverses espèces menacées. Beaucoup de jeunes poissons d’autres espèces économiquement importantes sont capturés et rejetés, avec de faibles chances de survie. L’usage d’appâts dans le cadre de ces méthodes peut en outre avoir un impact sur les stocks de ces appâts. L’introduction des perches du Nil dans un nouveau milieu a des conséquences néfastes sur les populations de poissons indigènes. Dans le lac Victoria, les perches du Nil ont supplanté presque toutes les autres espèces, entraînant l’appauvrissement de la biodiversité du lac. La gestion se concentre donc sur la restauration de cette diversité. En revanche, très peu d’attention est accordée au suivi du stock de perches du Nil. Dès lors, la population régresse, ce qui impacte à nouveau tout l’écosystème.

    Gestion

    L’association des entreprises poissonnières en Ouganda a décidé en 2007 de ne plus commercialiser des perches de moins de 50 cm. Le Kenya et l’Ouganda se sont ralliés à cette décision par la suite. En 2009, les trois pays ont déclenché le plan « Sauver les perches du Nil » ayant pour but de bannir la pêche illégale et de sensibiliser les pêcheurs. Les mesures adoptées ne sont toujours pas effectives à ce jour. Le label Naturland garantit que les pêcheries de perches du Nil tiennent compte des différentes mesures de gestion, telles que la fermeture temporaire des pêcheries dans des zones fragiles et l’utilisation de techniques de pêche sélectives.

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