Sebaste

Sebastes norvegicus, S. mentella

    • Label MSC
      Sauvage
    • Océan Atlantique Nord Est FAO 27 (Islande)
      Chalut de fond, Filet maillant de fond ou calé, Palangre de fond ou calée
    • Océan Atlantique Nord Est FAO 27 (Mer de Barents, Norvège)
      Chalut pélagique
    • Océan Atlantique Nord Est FAO 27
      Chalut de fond, Filet maillant de fond ou calé, Chalut pélagique

    Biologie

    Le sébaste se rencontre dans les eaux froides du nord-est de l’océan Atlantique, au nord de l’Europe et de l’Amérique, jusqu’au Groenland et à l’Islande. Le sébaste (Sebastes norvegicus) vit entre 100 et 500 m de profondeur, tandis que le sébaste atlantique (Sebastes mentella) vit de 300 à 1 400 m. Les deux espèces ont une croissance extrêmement lente, n’atteignant la maturité sexuelle qu’à plus de 60 ans, ce qui les rend particulièrement sensibles à la surpêche. Le sébaste est vivipare, ses œufs sont fécondés et se développent à l’intérieur du corps de la femelle. La période d’accouplement a lieu en septembre-octobre et les jeunes naissent entre avril et juillet. Ils mesurent alors 7 mm.

    Situation des stocks

    Les différents stocks des deux espèces de sébastes sont pêchés intensivement depuis les années 80. Les stocks de sébastes atlantiques paraissent plus vulnérables. Autour de l’Islande, des Îles Féroé et du Groenland, les populations de sébastes se reproduisent au maximum de leur potentiel et la biomasse totale a augmenté, tandis que le sébaste atlantique est très affaibli. Dans l’océan Arctique et la mer de Norvège, le sébaste atlantique est pêché de manière durable et les populations sont stables. Mais les populations de sébastes sont cette fois en surpêche. Ces populations ont été intégrées dans la liste rouge norvégienne des espèces protégées, bien que leur recul soit actuellement stabilisé. Dans le nord-ouest de l’océan Atlantique, la situation du sébaste atlantique est critique et l’espèce a le statut d’espèce menacée sur la liste rouge du Canada. Les sébastes subissent en outre une pêche illégale.

    Conséquences écologiques

    Les sébastes sont pêchés à l’aide de chaluts, de filets maillants et de palangres de fond. L’utilisation de chaluts ou chaluts à perche entraîne généralement une quantité importante de prises accessoires, souvent des espèces qui sont déjà menacées par la surpêche. La pêche au chalut à perche a également un effet négatif sur la survie de différents animaux des fonds marins tels que les coraux d’eau froide, des alevins et des espèces menacées comme les requins et les raies. Les filets sont en effet traînés sur le fond, où ils détruisent l’habitat de nombreuses espèces. Par cet effet sur les fonds marins et l’impact sur les différentes populations de poissons, le chalut à perche affecte tout l’écosystème, ce qui a des conséquences à long terme. Les chaluts pélagiques (qui ne sont pas tirés sur le fond) génèrent moins de prises accessoires et n’endommagent pas les habitats des fonds marins. L’utilisation de filets maillants peut causer la prise accessoire de baleines, de dauphins et de certaines raies protégées. La pêche à l’aide de lignes de traîne (trolling et longlines ou palangres) génère de très nombreuses prises accessoires de diverses espèces menacées telles que tortues marines, oiseaux marins, raies et requins. Beaucoup de jeunes poissons d’autres espèces économiquement importantes telles que marlins et espadons sont capturés et rejetés, avec de faibles chances de survie. L’usage d’appâts dans le cadre de ces méthodes peut en outre avoir un impact sur les stocks de ces appâts.

    Gestion

    Dans les eaux qui sont sous juridiction européenne, aucune taille minimale de capture n’est d’application pour le sébaste. Les Norvégiens ont fixé une taille minimale de capture de 32 cm (le sébaste est alors âgé de 20 ans environ) et depuis janvier 2006, les filets doivent avoir une largeur de maille de 120 mm ou plus. Pour toutes les autres populations, la gestion est insuffisante et on regrette un manque de coopération entre les différents pays (p.ex. l’Islande, le Groenland et les Îles Féroé) et l’Union Européenne. Des mesures générales ont certes été instaurées, comme la fermeture de certaines zones de pêche, la limitation des rejets ou l’utilisation obligatoire de techniques de tri, mais elles ne sont que partiellement efficace pour la conservation des populations.

    Pin It on Pinterest

    Share This